Dossier : Réflexion sur le pouvoir médiatique


  Réunion Thématique :
Vendredi 13/02
 "Le pouvoir médiatique"



                  
 INTRODUCTION

QUAND LE SAGE MONTRE LA LUNE DU DOIGT, L’IDIOT REGARDE LE DOIGT…
C’EST POSSIBLE , MAIS…
QUAND L’ESCROC MONTRE LA LUNE DU DOIGT, LE SAGE REGARDE LE DOIGT ! !


Le rôle des médias, leur pouvoir d’influence sur l’opinion et sur les hommes politiques, le problème de leur contrôle, sont sans doute le premier enjeu pour notre démocratie. La concentration de l’industrie des médias entre quelques groupes multimédias a atteint un degré jamais vu à ce jour. Le contexte européen, avec les directives libérales, n’est pas étranger à cette évolution. De plus, ces groupes qui souvent se partagent un secteur à deux ou trois, loin de se concurrencer, préfèrent s’allier (exemples de la téléphonie mobile, des chaînes satellites, de la production d’images etc…). L’énergie vitale qui irrigue  cette industrie, c’est essentiellement la publicité. Et quand les annonceurs, qui payent, appartiennent au groupe qui possède le média, (c’est le cas pour les produits de luxe des groupes Arnault et Pinault), on peut dire que c’est le consommateur de ces produits qui finance sa propre dépendance. L’univers médiatique est immense et foisonnant. Les éléments de dossier qui suivent, ne font pas le tour de la question. Des secteurs très importants comme les chaînes de télévision par satellite, la téléphonie mobile et Internet, ne sont pas développés. Internet est d’ailleurs l’enjeu majeur pour l’expansion du marché publicitaire et donc pour la marchandisation totale de ce média encore un peu préservé. L’idée, c’est de mettre un éclairage sur les pouvoirs qui s’affrontent, les moyens mis en œuvre et les valeurs menacées.


 LES MEDIAS EN FRANCE : UN POUVOIR GRANDISSANT


RAPPELS

On retient ici essentiellement les médias diffuseurs d’informations quotidiennes. La presse, la radio, la télévision, Internet et maintenant la téléphonie mobile. Cela exclut l’édition et le cinéma.
Parler des médias , c’est parler de quelque chose de familier à tous. Mais ces médias qui ont le monopole de diffusion de l’info, sont très discrets sur eux-même (leur structure, leurs alliances, leurs hommes)

RAPIDE SURVOL


1) JUSQUE AUX ANNEES 80

La problématique des médias tournait autour de la Presse et un peu de la radio (4 radios généralistes dont 3 privées). La télévision était publique et seul le problème de la tutelle politique se posait. Les journaux étaient détenus par des groupes de presse familiaux, dont certains même se classaient à gauche (Defferre, Baylet …). Et seul Robert Hersant, dit « le papivore » était stigmatisé, à gauche pour sa boulimie de journaux.

2) ANNEES 85- 2000

A partir des années 85-2000, on a assisté, sans vraiment comprendre vers où on allait, à plusieurs évolutions.
- Une privatisation des moyens de production et de diffusion de l’information et des divertissements.
- La multiplication des canaux de diffusion, avec la fin des monopoles et des rentes de situation.
- Une concentration horizontale des groupes en quantité et en diversité (groupes multimédias).
- Mais aussi une intégration verticale pour certains, associant, la publicité, la production de textes de sons et d’images, la possession des canaux de diffusion et la diffusion elle même. Et même les instituts de sondages pour évaluer l’impact ou influencer les attentes.
Ces concentrations étaient officiellement justifiées par la mondialisation.
Le même mouvement avait lieu pour les banques et l’industrie pharmaceutique par exemple.
- L’ensemble de ces évolutions ont baigné dans une indiscutable euphorie liée aux progrès foudroyants de la technologie de la communication (numérisation, câble, Internet, satellites, portables).
On nous avait équipé de deux œillères sans nous les présenter comme telles :
A droite, le libéralisme économique, puis la mondialisation heureuse.
A gauche, la construction de l’Europe et de son merveilleux marché de 400 millions de consommateurs.

3) A PARTIR DES ANNES 2000

C’est l’explosion de l’Internet,( y compris de la bulle de 2001) et du téléphone portable.

QUELQUES QUESTIONS QUI SE POSENT

    Le rapport des médias au citoyen.
- Ou en est le droit à l’information.
- L’expression du pluralisme politique et philosophique au sens large.
- Le pouvoir médiatique a-t-il changé de nature (autrefois contre-pouvoir).
- Le double poids de l’Industrie et de la Finance sur les médias, par l’intermédiaire des actionnaires principaux  et des annonceurs (cf le journalisme économique).
L’aspect économique du pouvoir médiatique.
- Le rôle moteur de la publicité.
- Le particularisme de la France où, les groupes multimédias purs sont moins puissants que les groupes industriels qui utilisent leur branche média pour « booster » leurs autres activités et disposer d’un pouvoir d’influence.
- La non concurrence de ces groupes entre eux, qui préfèrent s’allier aux dépens des usagers.
Le rapport à la politique.
- La collusion avec les hommes politiques : Les va et vient entre les cabinets ministériels et les grands groupes semblent être devenus la règle et non pas l’exception.
- L’inertie de la Gauche quand elle a eu le pouvoir face à cette concentration des groupes multimédias.
Le rapport aux intellectuels.
- La collaboration voire la trahison des élites éduquées qui ont accepté l’idée de la globalisation heureuse qui profiterait à tous, sans voir que cette concentration de plus en plus homogène et monolithique dans les médias signait un recul de la démocratie.
-    Le rapport à la démocratie.
Pour Chomsky, les multinationales sont des entreprises totalitaires dans leur  fonctionnement. La question de la démocratisation des conseils d’administration reste d’actualité.

LES ETAPES D’UNE PRISE DE CONSCIENCE


-
LES COMBATS DROITE GAUCHE
Jusqu ‘en 1981, en gros, on savait que la presse était majoritairement de droite. Mais les débats étaient très politisés, et l’électeur de gauche pouvait compter sur quelques journaux nationaux et régionaux. Le Monde, le Nouvel Observateur, puis Libération (Le Canard bien sûr et Charlie Hebdo). Même l’Express a été un contre pouvoir. Les radios privées (cf :Europe1 en 68) étaient des « oasis de liberté » en face de l’ORTF.

-  L’ILLUSION DU CHOIX POUR LE CITOYEN

A partir de 1981, fin du monopole public sur l’information, avec l’arrivée des radios privées  commerciales ou associatives, et la création de chaînes de télévision. Une augmentation de l’offre très importante donc, et l’illusion d’avoir plus de liberté et une variété de l’information plus grande. Mais une dispersion réelle des auditeurs et téléspectateurs, accentuant l’évolution vers l’individualisation des démarches de consommation de l’info.

- L’ILLUSION POLITIQUE POUR LA GAUCHE

Sur le plan politique, peu se sont inquiété des risques potentiels de cette industrialisation des médias. Beaucoup ont trouvé là des opportunités de carrière. On se disait aussi, que cela n’empêchait pas l’alternance politique (88-93 et 97-2002). Et de fait, sur le plan législatif, presque rien pour lutter contre les concentrations.(cf : législation des médias). Cette aveuglement politique à gauche a été très clairement entretenu par la collusion médiatique des élites diplômés de la Mitterandie ( Attali, BHL, July, Ockrent, Benhamou, Bergé…pour les plus connus.

-  LE PREMIER CHOC : 2002 UN CHOC POLITIQUE
La gauche est au pouvoir depuis 5 ans, et pourtant on s’aperçoit que le candidat de la droite dispose de moyens médiatiques considérables pour soutenir sa stratégie électorale basée sur le sentiment d’insécurité. TF1 bien sûr, mais également le service public qui suit, et la reprise démultipliée des infos dans la presse et les radios. Et comment ne pas rappeler, même si tout le monde a détourné le regard à l’époque, la curée médiatique anti Le Pen avant le deuxième tour , et son fumet étrangement totalitaire dans une démocratie dite « avancée ».

- LE DEUXIEME CHOC : 2005 UN CHOC ANTIDEMOCRATIQUE

Alors que les sondages montrent une population majoritairement contre l’adoption du Traité Constitutionnel européen, les partisans du NON n’ont pratiquement pas accès aux grands médias (publics ou privés) où , par ailleurs, comme fait exprès, tous les éditorialistes et les chroniqueurs se disent favorables au OUI. Les comptages effectués a posteriori par des association telle ACRIMED donnaient des pourcentages de temps d’antenne d’environ 90% pour le OUI et 10% pour le NON. A partir de là, même au PS, on a commencé à s’interroger sur cette pensée unique qui verrouille les médias. Dans le programme du PS de 2006, on trouve ainsi 3 ou 4 lignes sur l’excès de concentration des médias.

 -  LE TROISIEME CHOC : 2006 UN DELIT D’INGERENC
C’est l’irruption, dans l’arène des présidentielles, de Ségolène Royal, que même Alain Duhamel n’avait pas prévu dans son livre sur les prétendants paru en janvier 2006. Cette fois ci de nombreux commentateurs et des citoyens internautes (cf le site très pointu de Forest en avril 2006), n’ont pas été dupes du rôle plus qu’actif des médias. Sans vouloir minimiser, bien sûr, celui de ses partisans lors de ces primaires socialistes.
Le moyens principaux mis au service de la prétendante :
- des sondages répétitifs
- des unes de magazines en quantité (12 pour Royal, 1 pour Strauss-kahn,0 pour Fabius)
- articles et brèves repris en boucle par la presse et le net.
- L’engagement délibéré de certaines journalistes (notamment à France Inter) en faveur de Ségolène. Dans un dossier spécial élection, le Canard Enchaîné avait qualifié celles-ci, de « groupies de Ségolène».
Le monde médiatique s’est emparé de l’élection interne du PS, mais en la peopolisant. Les images ont pris le pas sur le débat d’idées. Les jeux plus que les enjeux. La fabrique d’un consentement, telle que la décrit Chomsky, autour de la candidature de Ségolène Royal, à l’attention des militants, a été mis en œuvre par le système tout entier, qui rassemble bien moins de monde qu’on ne le croit,  sans brutalité apparente.

-  LA PRISE DE CONSCIENCE… DE JUSTESSE

En 2008, la machine médiatique se remet en route pour le Congrès de Reims, et l’opération n’échoue que d’un cheveu !! Là encore, Ségolène Royal et ses partisans ont bénéficié d’un appui disproportionné dans tous les médias. Cette fois ci le débat d’idées a eut lieu grâce aux contributions et aux motions.
Mais il faudra bien se rendre compte, que sans l’intervention massive des médias dans notre débat interne, la candidate adossée à ses 29%, n’aurait jamais pu atteindre les 50% du 22 novembre.


 LE QUATRIEME POUVOIR

La presse est qualifiée de 4ème pouvoir et a été longtemps considérée comme un contre-pouvoir au pouvoir politique en place. L’information est un bien commun . Communiquer librement, un droit.
Les groupes multimédias enterrent ce droit. Contre les abus de pouvoir, la presse et les médias ont été, pendant de longues décennies, dans le cadre démocratique, un recours des citoyens. Les journalistes et les médias ont souvent considéré comme un devoir majeur de dénoncer les violations des droits. C’est pour cette raison que l’on a longtemps parlé du « quatrième pouvoir », ou encore de la « voix des sans voix » A mesure que la mondialisation libérale s’est accélérée, ce 4ème pouvoir a été vidé de son sens. Il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir. Avec le capitalisme financier qui est en fait un capitalisme de la spéculation, on assiste à un brutal affrontement entre le marché et l’Etat, entre le secteur privé et les services publics, entre l’individu et le société , entre l’intime et le collectif (le groupe), entre l’égoïsme et la solidarité.

Le pouvoir véritable est désormais détenu par un faisceau de groupes économiques planétaires et d’entreprises globales dont le poids dans les affaires du monde apparaît parfois plus important que celui des gouvernements et des Etats. Ils ont une logique : le marché Ils ont une idéologie : le néolibéralisme. Ce sont eux qui inspirent les politiques du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC. C’est dans ce contexte que s’est produite une métamorphose décisive dans le champ particulier des médias de masse. Les moyens de communication de masse (radios, presse écrite, télévision, Internet) se regroupent au sein d’architectures foisonnantes pour constituer des groupes médiatiques à vocation mondiale. Pour la France : Bouygues, RTL Group, Vivendi, Lagardère, Bolloré (voir fichier Bolloré)… La révolution numérique a brisé les frontières qui séparaient auparavant les trois formes traditionnelles de la communication : son, écrit, image, avec l’essor de l’Internet et de la téléphonie. Ces groupes rassemblent tous les supports médiatiques mais également des activités autrefois distinctes :
- la culture de masse (créations populaires, jeux, objectifs mercantiles)
- La communication (publicité,  marketing,  sondages)
- L’information (agences de presse, journaux, bulletins radio et télévisé, chaînes d’infos en continu), univers logiquement réservé aux journalistes.
Tout cela est si imbriqué que la distinction devient très difficile entre ces activités. Ainsi, les fournisseurs d’accès Internet, Yahoo et Orange, sont aussi des moteurs de recherche, des sources d’informations sur l’actualité, des fournisseurs de jeux en ligne etc…  

Ces grands groupes ont désormais deux caractéristiques nouvelles :
1) Ils s’occupent de toutes les activités à la fois et utilisent tous les supports de diffusion.
2) Ils sont mondiaux.
Se souvenir que « Citizen Kane », le magnat de la presse William Hearst, ne possédait que quelques journaux dans un seul pays. (film d’Orson Wells 1940).

Par leur poids économique et par leur pouvoir d’influence, ils deviennent les acteurs centraux de la mondialisation libérale. Préoccupés par la poursuite de leur gigantisme, Ils font pression sur les gouvernements pour briser les lois limitant les concentrations. Amenés à courtiser le pouvoir politique, ils n’ont plus l’objectif de s’ériger en « quatrième pouvoir » et encore moins d’agir comme un contre-pouvoir. Mais dans les pays en voie de développement, (comme en Amérique du sud), en cas d’élection d’un gouvernement progressiste, ils peuvent déclencher une véritable guerre médiatique et prennent le parti de l’oligarchie évincée (ex : Vénézuéla et Bolivie). Dans les pays avancés, ils ne s’opposeront pas à l’idée d’alternance, mais favoriseront par mille moyens l’expression d’opposants qui ne contestent pas le principe de l’économie libérale, au détriment de ceux qui remettent en question la loi du marché tout puissant  et celle du libre échange.

En France, la situation est particulièrement  bien verrouillée, car la plupart de ces groupes ne sont pas des groupes multimédias exclusif (comme Murdoch, Bertelsmann ou Berlusconi), mais sont adossés à des groupes industriels puissants et qui partagent entre eux, sans problèmes, le capital de leur branche média ( Bouygues, Lagardère, Arnault, Vivendi). L’autre caractéristique c’est le fait que les grands groupes  étrangers se tiennent à distance du débat politique et laissent les groupes français se partager la presse quotidienne et les magazines politiques.

La liberté des médias n’est que l’extension de la liberté collective d’expression, fondement de la démocratie. En tant que telle, elle ne peut être confisquée par un groupe de puissants. Elle implique de surcroît une « responsabilité sociale », et par conséquent, son exercice doit demeurer, en dernière instance, sous le contrôle responsable de la société. Les médias sont aujourd’hui le seul pouvoir sans contre-pouvoir, et cela crée un déséquilibre dommageable pour la démocratie.


(d’après les analyses de Ignacio Ramonet).



 REGLEMENTATION DES MEDIAS

Déclaration des droits de l’Homme : le 27 juin 1789 l’Assemblée Nationale décide de faire précéder la future Constitution d’une déclaration des droits. 
Le 24 août 1789 article11 « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».
(base du pluralisme à la française).
La loi de 1881 sur la liberté de la presse.
La censure en 1914 (1916 naissance du Canard enchaîné en réaction).
Elle est à l’origine de l’expression « bourrage de crâne ».
L’occupation renforce la méfiance : le tirage des journaux s’effondre.
Ordonnance du 26/08/44 : Le propriétaire ou le Président du conseil d’administration est le directeur de la publication. Il en est le responsable sur le plan pénal.
1946 : Principe du « 1 homme 1 journal ».
1947 : Principe de la distribution des journaux égale pour tous.
Années 70 : concentration de la presse : le cas Robert Hersant.
Dans les années 70/80, le prix des journaux augmente (x4 entre 70 et 84).
A partir de 1980, début de la baisse des tirages.
Loi du 23/10/84 : Loi anti-concentration basée sur la diffusion (limite des15% de la diffusion des journaux de même type au plan national  ou  régional).
Loi du 01/08/86 (Chirac) : ce pourcentage est remonté à 30%.
Loi du 30/09/86 modifiée le 13/08/2000 sur la liberté de communication.
Les sociétés nationales de programmes « assurent l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information ainsi que l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans le respect du principe d’égalité du traitement et des recommandations du CSA ».
La règle des 3 tiers du CSA est au départ une directive de l’ORTF en 1969 :1/3 de temps d’antenne pour le gouvernement, 1/3 pour la majorité parlementaire, 1/3 pour l’opposition parlementaire. Le Président n’est pas concerné.
En 2000, est ajouté une exigence de « représentation équitable » pour les groupes qui ne sont pas représentés au Parlement.
En 2008, un groupe ne peut détenir dans une chaîne hertzienne plus de 49% de son capital.
Ainsi Vivendi possède 49% de sa filiale qui contrôle la chaîne Canal+ et Bouygues 43% de TF1.
Mais si la chaîne réalise moins de 2,5% de part d’audience, le groupe peut détenir plus de 49%.
Un amendement adopté par le gouvernement pour le projet de loi de modernisation de l’économie propose de porter à 8% la part d’audience. Cela permet à M6 de garder la chaîne W9 à 100%, à Bolloré de garder Direct 8 à 100%,

La privatisation progressive des nouveaux médias dans les années 80, se fait dans un vide législatif qui favorise la concentration dans de grands groupes multimédias.



 LE CONTROLE DE L’OPINION POLITIQUE DANS LA PRESSE ECRITE

Depuis la chute de l’URSS en 1991, le  débat d’idées dans les médias n’est plus de nature politique. Ce qui est recherché, c’est le consentement de l’opinion au système économique en vigueur (le libéralisme mondialisé). L’expression des forces politiques et sociales est donc plus ou moins facilitée, selon qu’elles remettent ou non en cause ce système. Les multinationales, qui ont le pouvoir réel, contrôlent les médias. Ceux-ci  œuvrent jour après jour à créer les « illusions nécessaires » préalables à ce consentement. En 2008, en France, on peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en cause. La concentration capitalistique de la presse française est telle, que l’essentiel du pouvoir d’influence est détenu par une demi douzaine de groupes nationaux.

QUI PAYE COMMANDE

La presse, c’est principalement : 4 quotidiens gratuits, 9 quotidiens nationaux, 27 magazines et 36 quotidiens régionaux (sans compter une myriade de petites publications locales également détenues par les mêmes groupes).Voir en annexe « qui possède la Presse ».
L’immense majorité de ces journaux appartient à une dizaine de grands groupes. Soit des groupes industriels qui ont investi dans la communication, soit des groupes de presse, authentiques, mais qui partagent leur pouvoir avec ces mêmes industriels par le biais de la participation au capital de ces derniers. Aux postes clés, sont nommés des directeurs et des journalistes expérimentés qui sauront trier et sélectionner les infos et donner les points de vue raisonnables.

QUELQUES EXCEPTIONS :

Une fois qu’on a cité « La Croix », propriété à 100% des assomptionnistes, «L’ Humanité » propriété à 70% de ses lecteurs, de son personnel et de membres du Parti,( mais quand même 20% pour : Hachette, TF1et Caisse d’Epargne), « Ouest -France » détenu à près de 100% par une association humaniste d’obédience catholique (Jacques Duquesne , Président) , le groupe « Sud Ouest » qui appartient à une famille bordelaise, et «Le Nouvel Observateur » propriété de Claude Perdriel heureux fabricant des sanibroyeurs SFA, on a, à peu près, fait le tour des journaux dont le capital est homogène depuis longtemps.

CONCENTRATION HORIZONTALE ET PARTICIPATIONS CROISEES

Les autres journaux ont tous été l’objet :
- soit de rachat visant à concentrer le capital financier entre quelques mains (Lagardère , Hersant, Dassault, Pinault, etc…).
- Soit  d’une prise de participation majoritaire par un financier ou un industriel (Rothschild dans Libération ou Bernard Arnault dans les Echos).
- Soit de participations croisées qui autorisent un partage du pouvoir d’influence (ainsi le JDD de Lagardère appartient à 40% à Serge Dassault, et Lagardère possède 25% du Parisien du groupe Amaury).
Les participations croisées sont redoutables pour l’indépendance et la carrière des journalistes. On imagine facilement , par exemple, que si un  journaliste du Journal du Dimanche de Lagardère a des infos désagréables sur les affaires de Serge Dassault ou sur sa gestion de Corbeil-Essonnes, il y a peu de chance que son enquête soit publiée.
Autre exemple : comment la ligne éditoriale de Libération change sous l’influence de ses actionnaires. En 1981, F Mitterrand, qui proposait la nationalisation des banques était soutenu par les trois journaux de gauche de l’époque, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur. En 2008, c’est un banquier, ami de N Sarkozy, Edouard de Rothschild, qui possède 38,7% du capital de Libé. Un italien (Carlo Caracciolo décédé en déc 2008) en possède 33,3%. Autres actionnaires importants, Pierre Bergé et Bernard Henri Lévy (classés comme socialo-centristes). On comprend aisément qu’il ne faut plus compter sur Libé pour promouvoir la consolidation des services publics, la restriction du libre échange, une Europe moins libérale, et l’orientation à gauche du PS.

LA PRESSE ECRITE RESTE UN MEDIA MAJEUR

Malgré la concurrence des autres médias, son pouvoir d’influence reste grand :
- Les articles de presse servent de matière première aux journalistes des radios et télés pour préparer leur propre journal, puisqu’ils n’investiguent pas eux-mêmes.
- Des émissions radio sont coproduites avec des journaux.
- Les sites Internet s’en nourrissent également beaucoup.
- La Presse quotidienne régionale (PQR) se porte encore bien et joue un rôle important dans les périodes d’élections locales. Elle sert également de support et de porte voix aux chroniqueurs nationaux qui apportent la bonne parole dans les régions.
- C’est elle qui commande le plus de sondages politiques ou sociétaux. Ceux-ci sont repris dans les autres médias et permettent au journal concerné d’être cité régulièrement. Elle joue ainsi un rôle majeur dans la fabrique du consentement.
- Les revues de presse tiennent une place importante dans les radios. Elles permettent de faire passer des commentaires orientés sans trop impliquer le journaliste qui les reprend. Elles servent aussi à mettre en scène une info ou à lui donner plus de force.
La revue de presse est un art délicat que l’on ne confie pas à n’importe qui. Certains se souviennent peut-être de l’expérience, tenté par France Inter pendant quelques semaines, et qui n’a jamais été renouvelée. Il s’agissait de confier à l’invité politique de la matinale le soin de confectionner sa propre revue de presse à partir des journaux utilisés habituellement par le journaliste. Celle de Marie Georges Buffet, à connotation très sociale, était tellement décapante qu’on fut en droit de s’interroger sur le degré de sincérité de cet exercice les autres jours.  


LES INVITES DU FOUQUET’S


Liste des invités établie par Cécilia Sarkozy pour le 06/05/07
Etaient présents entre autres :
Mathilde Agostinelli, responsable de la communication de Prada-France
Bernard Arnault, président de LVMH, numéro un du luxe français, première fortune de France (La Tribune puis les Echos)
Arthur, producteur et animateur de télévision
Nicolas Baverez, essayiste, chroniqueur au Point, auteur de « la France qui tombe »
Nicolas Bazire, secrétaire général de LVMH (ex cabinet de Balladur)
Antoine Bernheim, banquier d'affaires, président de la compagnie d'assurances Generali (mentor de Bolloré)
Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du Figaro (Dassault) passé depuis aux Echos (Arnault)
Vincent Bolloré, PDG d'Havas, sixième groupe de communication mondial. Institut CSA (sondages).
Martin Bouygues, PDG de Bouygues, premier actionnaire de TF1
François de La Brosse, publicitaire
Stéphane Courbit, ex-président d'Endemol France
Jean-Claude Darmon, ex-président de Sportfive, ancien grand argentier du football français
Serge Dassault, PDG de Dassault et du journal le Figaro
Jean-Claude Decaux, PDG de JCDecaux, leader mondial de mobilier urbain
Bernard Fixot, éditeur de best-sellers
Valérie-Anne Giscard d'Estaing, éditrice, épouse de Bernard Fixot
Albert Frère, première fortune de Belgique
Hugues Gall, président de l'Institut de financement du cinéma et des industries culturelles
Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos France (sondages)
Alain Minc, président d'AM Conseil, conseiller financier de grands dirigeants (Pinault, Bolloré…)
Henri Proglio, PDG de Veolia, ex-Compagnie générale des eaux

Manquait, Arnaud Lagardère, sans doute provisoirement boudé pour la Une de Paris Match sur Cécilia/Attias.
Laurence Parisot (MEDEF et IFOP sondages)

LES TROIS RAISONS DU SUCCES DE SARKOZY DANS LES MEDIAS

1) Les 5 propriétaires des plus grands groupes de médias sont ses amis.
2) Il y avait une convergence totale entre son projet politique et le leur.
3) Il avait une capacité réelle à séduire les journalistes.
Penser que la candidate socialiste pouvait bénéficier du même traitement médiatique grâce à son seul sourire, révèle un manque de jugement assez étonnant.


VINCENT BOLLORE : UN BEL EXEMPLE D’INTEGRATION VERTICALE


En une dizaines d’années, ce proche de Nicolas Sarkozy a monté un groupe multimédias dit  « intégré » qui s’est placé parmi les leaders mondiaux. Le groupe Bolloré est un groupe industriel qui tire 84% de son chiffre d’affaire de la logistique (dont des terminaux portuaires en Afrique) et des transports, et dans une moindre mesure de la distribution de produits pétroliers et de plantations africaines et asiatiques. Issu d’une famille d’industriels bretons qui ont fait leur fortune avec la fabrication des papiers fins (papier bible et papier à cigarette OCBolloré), Vincent, prend le large en achetant une compagnie de navigation, point de départ de son groupe actuel. Mais il est surtout redouté pour ses qualités de prédateur boursier. Il a ainsi amassé d’énormes liquidités dans deux raids restés fameux contre TF1 et Pathé (achat massif d’actions puis revente au prix fort en renonçant à sa manœuvre.) Ses investissements dans les médias n’ont pas eu pour but une rentabilité immédiate (en 2008 cette branche représentait moins de 10% de l’activité du groupe.) D’abord intéressé par le cinéma, il investit ensuite dans la publicité, puis dans la production télévisuelle, dans la radio, la télé, la presse gratuite, Internet et la téléphonie mobile de dernière génération…et un institut de sondage.
Il possède en 2008 :
- Le cinéma Mac Mahon
- Euromédia télévision (studios de tournage)
- Gaumont (10%)
- Havas (33%). Groupe publicitaire (dont RSCG de Ségala). Bolloré préside le CA.
- SFP (production pour la télé).
- AEGIS (30%). Groupe anglais d’achat d’espaces publicitaires.
- Direct 8 (chaîne de la TNT)
- La radio des nouveaux talents (RNT).
- Direct soir (100%) quotidien gratuit national. Lancé  en juin 2006 (il y investit 10 millions d’euros/an pour un équilibre espéré en 2011).
- Direct matin (70%) quotidien gratuit en association avec le Monde (30%) qui fournit les contenus.
- Streampower (75%) Contenus vidéo pour Internet et téléphonie.
- 12 licences régionales WIMAX pour la téléphonie 3G.
- Institut de sondage CSA (100%)


 LE JOURNALISME ECONOMIQUE
(d’après Julien DUVAL.2004)

SON SUPPORT MEDIATIQUE

A part 3 exceptions marginales : l’Humanité, le Monde diplomatique et Politis, les autres journaux montrent une forte homogénéité idéologique. Le plus souvent, le journaliste économique vient de la presse écrite. Il peut disposer d’une chronique complémentaire à la radio ou à la télé. Sa position dominante sera proportionnelle à l’étendue de l’audience ou à l’autorité du média sur lequel il s’exprime.
En conjuguant un ou deux de ces critères, on trouve aux premiers plans:
- Les télés radios : TF1, France2, France Inter, Europe1, RTL, France Info.
- La presse générale : Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, l’Express.
- La presse économique : Les Echos, La Tribune, l’Expansion.

QUELLE VISION DE L’ECONOMIE ?

Ces médias engagent une vision du monde particulière dont les éléments sont les suivants :
- l’économie peut-être isolée de l’ensemble des activités humaines et donc traitée à part.
- L’économie est séparée du social. Contrairement à aujourd’hui, le journal Le Monde des années 70 avait une seule rubrique « économique et sociale ».
De même, on a séparé « l’immobilier » à connotation économique, du « logement » à connotation politique et sociale.
- Le journaliste économique, aujourd’hui fournit des informations aux agents économiques ou des conseils aux simples consommateurs, mais n’explique plus les rouages de l’économie et les rapports de force qui la sous-tendent.
- Le point de vue est réducteur : les enjeux de santé ou d’éducation sont réduits à des considérations de coût.

EFFETS DE LA RESTRUCTURATION DE LA PRESSE ECRITE.

Elle a limité le poids des groupes dont la presse est le seul métier.
D’où des conflits d’intérêt à plusieurs niveaux :
1) Le plus souvent ce sont des groupes capitalistes dont les autres activités principales peuvent entrer en contradiction avec les infos économiques à traiter.
2) Il y a conflit potentiel avec les annonceurs du journal qui sont des groupes de même types (ex : industries du luxe…)
3) Les sources des journalistes sont le plus souvent les dirigeants de toutes ces entreprises.
4) Mais le conflit potentiel peut être plus large, quand il s’agit par exemple de juger du bien fondé des privatisations quand on parle sur une chaîne privée.
5) Enfin, il y a le poids du lectorat qui, en majorité, vient chercher des informations sur l’économie et n’est pas prêt pour des remises en question profondes.

 
 
LE PLURALISME SUR LE SERVICE PUBLIC


(Les invités de Nicolas Demorand sur la matinale de France Inter)
Etude originale pour UMA13
Comment apprécier l’indépendance du service public de la radio (en l’occurrence France Inter), en matière  politique ?
Théoriquement, dans un pays dont le Président élu avait promis « un Etat impartial », le peuple est en droit d’attendre une radio de service public impartiale elle aussi.Mais les journalistes entretiennent l’idée, confortable pour eux, que l’objectivité en matière d’informations, « cela n’existe pas ». Seule leur sincérité compte. Et naturellement, ils se disent tous indépendants des pouvoirs politiques ou économiques. Mais les français ne sont pas dupes : seuls 28% d’entre eux pensent que les journalistes sont indépendants face au pouvoir et à l’argent. (sondage Sofres de janvier 2009).
Apprécier l’objectivité et le pluralisme des opinions et des idées sur France Inter dans son ensemble est en fait  « objectivement » très compliqué, car trop de facteurs sont impliqués, comme :
- La séparation entre l’information proprement dite et les programmes qui comprennent des dizaines d’émissions au sein desquelles des opinions politiques peuvent être exprimées par des intervenants très divers.
- L’horaire de diffusion qui génère des audiences d’ampleurs différentes.
- La participation des auditeurs (dans plusieurs émissions) qui font l’objet d’une sélection avant leur passage à l’antenne.
Pourtant, en ciblant une tranche horaire bien précise et en l’étudiant de façon exhaustive sur la durée, on peut mieux cerner les notions d’impartialité et de pluralisme. Dans cette optique, l’étude du choix des invités politiques de Nicolas Demorand tous les jours à 8H20 lors de la matinale de France Inter est très éclairante. La tranche horaire de 7h30 à 8h30 bénéficie de l’audience maxima pour cette chaîne  (1.800.000 auditeurs en moyenne chaque matin).

LES ELEMENTS DE L’ETUDE

L’objectif principal est de voir comment le PS est traité.
- La période choisie : le troisième quadrimestre (septembre à décembre) des années 2007 et 2008. Période de rentrée, riche en initiatives de toutes sortes.
- Nombres d’invités politiques : sur 85 invitations, on compte 61 invités politiques en 2007 et 56 en 2008.
- La règle des trois tiers du CSA : le CSA divise les temps de parole politique en 3 tiers.
. un tiers pour le Gouvernement
. un tiers pour la majorité parlementaire
. un tiers pour l’opposition parlementaire
La voix du Président n’est pas comptabilisé, ni celle des groupes absent du Parlement.
- Un classement original des invités politiques en 4 groupes a été choisi, car plus proche de la réalité :
. La Présidence ET le Gouvernement
. Les parlementaires de la majorité et autres droites
. Les portes paroles du PS
. Les portes paroles de l’ex gauche plurielle et de l’autre gauche.

LES RESULTATS


- Premier constat
Une volonté manifeste de favoriser le bipartisme (bien ancrée, par ailleurs, dans tous les médias). Même si l’UMP et le PS sont les deux principaux partis, on ne peut qu’être frappé par la quasi absence de tous les autres courants de pensée dans ce créneau horaire.
-    Deuxième constat
La règle des 3 tiers, même si elle est insuffisante, est globalement respectée pour l’opposition parlementaire. Même si c’est un « petit » tiers. La surprise vient du fait que la majorité parlementaire UMP est sous-représentée aux dépens de l’exécutif (ministres et Présidence). Pour la période de 2008 seuls 4 (quatre) élus de l’UMP ont été invités (JF Copé, C Kert, G Larcher, F Lefebvre). A comparer aux 22 représentants du Gouvernement et de la Présidence. On a là une illustration brutale de la présidentialisation du régime, et de la transformation du 7h/9h de France Inter en boîte de communication gouvernementale.
- Troisième constat
Le service politique de France inter connaît mieux les courants qui traversent le PS (et leurs porte paroles) que beaucoup de militants de ce même Parti. Et en plus il a fait son choix ! !
On ne soulignera jamais assez la partialité et l’acharnement de Françoise Degois, journaliste chargée de « suivre » le PS, pour favoriser la ligne « centriste » du PS. Il suffit, par ailleurs, de lister chronologiquement les 12 (douze) invités socialistes de N Demorand de septembre à décembre 2007. Période située à distance du Congrès, mais au cours de laquelle les militants auditeurs de France inter commencent à s’interroger sur quelle ligne choisir pour le Parti : JM Ayrault, F Hollande, F Rebsamen, C Dillain, L Fabius, F Hollande, S Royal, M Valls, F Hollande, J Dray, P Moscovici, M Sapin.
- Quatrième constat
Le 7h/9h n’apprécie décidément pas la nouvelle Direction du PS. En novembre 2008, on a eu droit au chiffre d’invités socialistes le plus élevé depuis deux ans ( six) : Une façon de mettre en scène la dispute au sein de la famille tout en continuant à favoriser l’orientation « centriste » : 3 invitations sur 6 pour S Royal. En décembre 2008, on a eu droit au chiffre d’invités socialistes le plus bas (deux) : Alors que M Aubry est nommée le 25 novembre et que de nombreux débats s’instaurent à l’Assemblée et dans le pays (audiovisuel public, travail du dimanche, loi Dalo, plan de relance, discours de N Sarkozy, manifs lycéennes, conférence climat-énergie, crise dans l’automobile, les 60 ans des droits de l’Homme….), il faut attendre :
 -  Le 22 décembre pour entendre JC Cambadélis, qui devra utiliser plus de la moitié de son temps de parole pour parler de J Dray et des relations entre M Aubry et S Royal.
 -  Le 29 décembre pour entendre J Lang jurer qu’il n’entrera pas au Gouvernement mais qu’il reste disposé à se rendre utile à l’occasion… 





LA TELEVISION PRIVEE


La télé privée est aux mains de trois groupes industriels multinationaux (Bouygues, Lagardère et Vivendi) et d’un grand groupe de la communication, Bertelsmann. Ils sont présents dans les autres médias : presse écrite, radios, cinéma, musique. A l’affrontement, ces groupes préfèrent des stratégies d’alliance. Les concurrents deviennent partenaires et se ménagent entre eux. L’ampleur de cette concentration et de ces alliances met en cause l’indépendance des hommes politiques vis à vis des médias, le pluralisme et la qualité de l’information. Elle rend nécessaire l’adoption d’une loi limitant réellement cette concentration.
La présentation qui suit date de 2004 (Observatoire français des médias), et bien sûr la répartition du capital a pu se modifier. Mais la tendance à la concentration et aux ententes reste la même.

BOUYGUES

Le groupe Bouygues contrôle à 43% le groupe TF1 qui ne représente que 12% de son chiffre d’affaire, mais qui lui permet de mettre en valeur ses autres activités, construction et téléphonie. Dans le capital de TF1 on retrouve Pinault (Fnac, Le Point, Radio BFM), et Arnault (Les Echos, LVMH).
Le Groupe TF1 c’est :
- La chaîne TF1
- Les 200 chaînes satellites de TPS (LCI, Odyssée, Eurosport, TPS star, Cinéstar…)
- Du cinéma (société de production et de distribution de films)
- L’édition de cassettes vidéo, de DVD, et de CD musicaux.
- Le quotidien gratuit Métro (34%).
Alliances :
TF1 est alliée avec M6 pour contrôler plusieurs chaînes : Série club, TF6…
Le bouquet TPS (66% à TF1 et 34% à M6).
En 2002, TF1 + M6 drainaient 76,8% du marché publicitaire télévisuel.
NB : M6 est contrôlé par le groupe RTL qui lui même appartient au méga groupe allemand Bertelsmann.

VIVENDI

Le groupe Vivendi contrôle le groupe Canal+ à 100%, Universal music et SFR.
Dans le groupe Canal+, on trouve :
- La chaîne Canal+
- 20 chaînes thématiques
- Studiocanal qui produit et distribue des films et des programmes télé.
- Le bouquet Canal satellite (230 chaînes et services).
- NC Numéricable.
Alliances :
Vivendi s’allie avec Lagardère Médias dans la télévision satellite
Canalsat (66% à Canal+ et 34% à Lagardère)
Multithématiques (72,6% à Canal et 27,4% à Lagardère).

LAGARDERE

Le groupe Lagardère possède les groupes Hachette, Virgin stores et Lagardère médias.
Dans le groupe Lagardère médias, on trouve :
- 5 chaînes de télé dont MCM, Mezzo, Canal j, Match TV, la chaîne météo…
- La 1ère société de production de programma télé.
Alliances :
Lagardère se rapproche du pôle TF1-M6 : participation commune à la chaîne TEVA.
Des administrateurs de Lagardère sont dans le groupe Bouygues.
Arnaud Lagardère est administrateur de LVMH de Bernard Arnault lui même actionnaire de Bouygues.
Lagardère est entré au capital de TV Breizh aux côté de TF1.
Enfin les deux bouquets satellite TPS et Canalsat ont fusionné en 2006.





MALTRAITER OU EMBELLIR L’INFO SUR LES ONDES

- l’info passée sous silence (ex : la grève générale à la Guadeloupe les 15 premiers jours).
- Hiérarchisation des infos, privilégiant par exemple les faits divers : les journaux télévisés ouvrent toujours sur un fait divers.
- Mise en scène de l’info avec des témoignages directs, des radios trottoirs sensés  illustrer l’opinion générale…
- l’info intégrée à un plan de communication ministériel.
Ex : Monter des sujets sur les « mauvais côtés » de l’hôpital (erreur médicale, maladies nosocomiales…) avant la présentation d’un projet de loi sur la réforme hospitalière.
Ex : 6j de bruit médiatique autour de l’émission de Sarkozy. On fait fuiter la bonne  l’info par le Figaro le 30/01.
Info démentie par l’Elysée, puis confirmée mais sans date précise, et enfin confirmée le lundi 02 pour le jeudi 05 février.
- Le droit de réponse à deux vitesses
Dans les mises en cause politique d’une personnalité de la majorité, on  ne  donne pas la parole à l’auteur de la mise en cause, mais on donne un droit de réponse à celui qui est visé, ou on prend sa défense par le biais des revues de presse ou par les chroniqueurs maison. Ex : Kouchner/Péan.
Ou encore quand le Canard a révélé que le maire de Nice (Estrosi) présentait des photos truquées de sa ville dans son dossier de concours pour de futurs jeux olympiques : silence sur l’article le jour de sa sortie, mais micro complaisants pour permettre au maire de s’expliquer quelques jours après.
- Rôle des éditorialistes et des chroniqueurs dont les avis sont donnés en direct ou repris dans des revues de presse. A France Inter, entre 6h et 9h, il y a 4 revues de presse (de 2 à 10 minutes).C’est la circulation circulaire de l’information décrite par Pierre Bourdieu.
- L’utilisation d’experts dont on cache les conflits d’intérêt potentiels ou les orientations politiques ou économiques.
- L’émotion plutôt que la réflexion, les jeux plutôt que les enjeux, la personne plutôt que son programme.



 
CITATIONS


Susan George
Si l'on arrive à occuper la tête du peuple, nul besoin de coercition : les cœurs, les mains et les votes suivront. En Amérique, de grandes fondations privées dépensent depuis des décennies des sommes astronomiques _ bien plus du milliard de dollars _ pour que la pensée de cette droite se répande, s'insinue dans toutes les institutions, devienne le «sens commun». Pour légitimer ses idées, elles financent les intellectuels, les centres de recherche, les publications, les colloques, les bourses... Autrement dit, elles paient l'eau dans laquelle nagent les poissons et les poissons n'en savent rien.

Francis Bouygues admit qu’il avait acheté TF1 pour disposer d’un pouvoir d’influence, politique et culturel. Un de ses proches avait d’ailleurs confié : "Francis avait le plus grand mépris pour les politiques, qu’il savait pouvoir acheter. Avec une chaîne de télévision, il comprend qu’il n’aura plus à les solliciter, mais que ce sont eux qui viendront manger dans sa main"
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/08/HALIMI/15544

François Bayrou, « Au nom du tiers-état » publié en octobre 2006 :
« Il s'est mis en place une cléricature médiatique pour présenter les choses à l'usage des spectateurs et des lecteurs, des consommateurs et médias. Une magistrature de l'opinion appuyée sur la puissance impressionnante de grands groupes industriels ou financiers en affaire avec l'Etat ou voulant y entrer. (...) Les grands groupes clients de l'Etat, ceux qui dépendent de lui pour leurs commandes, ont compris qu'il était éminemment confortable, en ces temps où le pouvoir dépend de l'opinion et l'opinion dépend des médias, de se saisir de ces derniers pour tenir le pouvoir par les oreilles. »

Amin Maalouf : « Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? »

Noam Chomsky : « Il me semble que, au moins dans les sociétés occidentales riches, la démocratie et le marché libre déclinent à mesure que le pouvoir se concentre, chaque jour davantage, dans les mains d’une élite privilégiée. » « La propagande est aux démocraties ce que la matraque est aux dictatures. »

Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d’autres patrons dans un livre Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour) affirme:
" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...).

Dépêche AFP
du 13/7/2007
La liberté de la presse est "en danger", avertissent l'ensemble des syndicats de journalistes, qui interpellent les pouvoirs publics pour qu'un cadre légal garantisse le respect des règles déontologiques. Les syndicats dénoncent depuis des mois "l'accumulation de faits alarmants qui représentent une menace fondamentale pour l'indépendance et le pluralisme de l'information en France". "Des émissions sont supprimées, des journalistes sont privés d'ondes ou de faisceaux hertziens sans que puisse être mis en cause leur travail", dénoncent-ils. Dernier exemple en date, les Echos et la Tribune sont "transformés en enjeux d'une vaste partie de Monopoly entre les propriétaires des groupes de médias" qui "affichent sans complexe leurs liens avec le pouvoir", estiment-ils.

Dépêche AFP
du 24/9/2007 de Bénédicte Rey
"Jamais la profession ne s'est aussi mal portée depuis 1946", a estimé David Larbre, représentant du Syndicat national des journalistes (SNJ, majoritaire), au cours d'une conférence de presse réunissant l'ensemble des syndicats de journalistes. Enumérant longuement les "faits graves" qui se "sont accumulés au cours des derniers mois", il a dénoncé pêle-mêle le refus de la direction du JDD de publier une information sur Cécilia Sarkozy, une "censure" à la Tribune sur un sondage concernant Nicolas Sarkozy, "l'intervention du cabinet du ministre de l'Education nationale pour faire modifier un article de l'AFP", la perquisition des locaux du Canard Enchaîné, la nomination d'un proche du président de la République à TF1 ou la tentative du propriétaire de La Tribune, LVMH, de racheter les Echos. Pour les syndicats, cette dernière situation, "inédite en France", est le symbole de la "dérive actuelle" où "une majorité des organes de presse sont détenus par des industriels, qui ont des liens très étroits avec le pouvoir". "Si vous travaillez chez LVMH, chez Bouygues, chez Lagardère, vous êtes de plus en plus surveillés, sur certains dossiers, votre papier va être lu, relu, parfois (...) modifié", a estimé M. Larbre.




 
SAVOIR VIVRE ENSEMBLE AVEC LES ACTIONNAIRES


    Nicolas Sarkozy : « Je veux être le candidat du peuple et non celui des médias » (29/04/07) . Au Fouquet’s, au soir du second tour, le vainqueur festoyait entouré de Martin Bouygues (TF1), Serge Dassault (propriétaire du Figaro), Albert Frère (financier belge et actionnaire de M6), Alain Minc (Président du Conseil de surveillance du Monde), mais aussi Bernard Arnault (La Tribune), son témoin de mariage.
    Nicolas Sarkozy (après son élection) : « les journaux se font avec des actionnaires ».
    Laurent Joffrin (Libération) : « Quand on crée un journal, on ne va pas tout d’un coup donner les clés à une équipe de journalistes qu’on aurait recrutés pour les besoins de la cause. Il est logique que le propriétaire fixe une orientation » (02/10/04).
    Edouard de Rothschild (actionnaire principal de Libération) : « c’est un peu une vue utopique de vouloir différencier rédaction et actionnaire » (30/09/05).
    Nicolas Beytout (rédacteur en chef du Figaro puis des Echos) : « comment voulez-vous trouver des actionnaires qui aient suffisamment de surface et d’abnégation pour mettre de l’argent, beaucoup d’argent parfois, et simplement se taire ? Cà ne peut pas exister comme çà » (06/10/07).
    Nicolas Beytout : « l’indépendance d’une rédaction, à mon avis, elle est le fruit de son histoire, de la culture du journal, de la personnalité du patron de la rédaction et de la façon dont il arrive à combiner ses idées à lui avec les souhaits de l’actionnaire…après tout, l’actionnaire, il est le propriétaire… ».
    Frédéric Oudéa (DG de la Société Générale) à des journalistes : « Avec toute la publicité que nous passons dans vos journaux, au moment où ils ont des difficultés, vous pourriez être sympas avec nous. » (Canard enchaîné du 24/12/08).





 INSIDE THE MATRIX

En avril 2006, un internaute, ingénieur de formation et musicien amateur, s’insurge contre le vote de la loi DADVSI (droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information). Le lobbying très actif des groupes multimédias a fait échouer l’idée d’une licence globale autorisant la copie sur Internet. Il décide de mettre de la lumière sur les actionnaires de ces groupes et sur les liens qui les unissent aux hommes politiques. Il fait un travail fantastique de recherche sur les sites de ces entreprises, et en donne jour après jour le résultat sur son blog et échange avec les internautes sur son forum. Il créera ensuite le site La forêt des médias pour mettre en ligne ce travail.
A mesure qu’il met à jour les relations souterraines entre industriels, financiers, et politiques, il a la sensation de pénétrer la matrice du film MATRIX. La matrice est un univers virtuel, réaliste dans lequel les humains sont enfermés. Cet univers modélise le monde actuel. Dans le monde réel, la terre est en ruine et archi polluée et les machines ont pris le pouvoir. Et en parallèle, il fait la relation entre cette concentration de pouvoir médiatique extraordinaire et le travail sur l’opinion qu’il voit se dérouler sous ses yeux. Cala donne des échanges savoureux sur son forum avec quelques internautes fans de ses recherches.

http://fr.news.yahoo.com/06042006/202/segolene-royal-en-tete-des-sondages-et-en-une-des.html

QUOTE
(Alf @ 06 / 04 / 2006, 23:25)

Mon idée était plus cynique. Je me demande si Mme Royal n'est pas simplement la candidate PS que la Matrix nous a désignée. Les candidats, ça se départage sur la popularité. La popularité, ça se fabrique. Pour les politiques comme pour la musique. Et la lessive.
Sur le lien yahoo cité, tous les éléments étaient fabricables :
- interview personnalisé à la télé sur une chaîne de la Matrix,
- numéros spéciaux de 4 journaux dont 3 appartiennent à la Matrix (et l'autre, le Nouvel Obs, qui appartient à M. Perdriel est assez étroitement lié au Monde, journal de la Matrix),
- - sondage commandité par un journal de la Matrix,
- - yahoo appartient à la Matrix.
- La Matrix a peut-être senti que l'UMP s'était cramée et que c'était le bon moment pour placer son candidat PS. Pourquoi elle ? Parce qu'elle est bien gentille, qu'elle aime bien Mr Blair, qu'elle ne remettra pas en cause les directives européennes.

Ecrit par: Forest Ent Friday 07 April 2006 à 02:48
Ou présenté autrement :
 Difficile d'échapper à SuperVizirette cette semaine : la lessive préférée des Français fait la une de pas moins de quatre hebdomadaires jeudi, et elle était présentée au journal de 20H00 de TF1 jeudi soir. Lors de ce rendez-vous cathodique, SuperVizirette a posément résumé sa philosophie: "Savoir regarder pour agir juste". Elle a appelé de ses voeux une réconciliation de la France avec ses lessives, et a marqué sa "préoccupation: remettre un lavage juste dans ce pays". La perspective de l'essorage? "Chaque chose en son temps", a-t-elle répondu. Pourtant, en pleine crise en France, le Nouvel Observateur, Le Point, Paris-Match et VSD ont choisi de lui consacrer dossiers, photos, analyses et interviews. La presse passe au peigne fin les atouts, handicaps et surtout la méthode de "La Madone des Lessives", dixit Le Point. Les ambitions du couple qu'elle forme avec SuperDétergent sont au centre d'un ouvrage, "La Madone et le culbuto", écrit par deux journalistes, Marie-Eve Malouines et Carl Meeus. L'intéressée joue la modestie, affirmant n'avoir "rien sollicité". Chez son fabricant, on parle de "coïncidence" et de "comportement moutonnier de la presse". Mais c'est elle que Patrick Poivre d'Arvor avait invitée pour commenter la conférence de presse du Premier Blanchisseur. "Il faut qu'ils arrêtent de faire mal à la Lingerie", avait-elle déclaré dans la matinée à propos de la stratégie gouvernementale. "Les dirigeants ne comprennent pas ce qu'est la lingerie contemporaine", accuse-t-elle, fidèle à une rhétorique qui l'a servie jusqu'à présent. Dans son livre, à paraître en septembre, et dont le premier chapitre est mis en ligne jeudi sur son site, SuperVizirette prône "une autre façon de faire la lessive". Son diagnostic est que "la France vit une crise profonde" et son remède est de mettre à profit "la capacité d'expertise des citoyens" et les "associer aux décisions". En attendant de mieux connaître ce produit, les Français continuent de lui faire confiance: selon une dernier sondage CSA/Parisien, elle reste largement en tête des lessives (41%). Elle devance largement AntiProcter qui avec 21%, vient en deuxième position.

Ecrit par: Jack Minier Friday 07 April 2006 à 13:54

Et soupeser le pour et le contre. Nul doute que la Matrix y ait songé. Je ne dis pas que c'est son "choix" mais elle a dû en envisager l'éventualité Il est possible que tu aies raison. On voit un peu trop la Royal sur les médias alors qu'elle n'a encore rien fait de vraiment éclatant. Sa principale qualité est d'être une femme. C'est sans doute la "nouveauté" qui la porte ?






QUI POSSEDE LA PRESSE EN FRANCE ?  
                                             

PROPRIETAIRES SOCIETE JOURNAUX COMMENTAIRES
LAGARDERE Arnaud Hachette
Holding
100% de :JDD, PARIS MATCH, ELLE, VERSION FEMINA, PREMIERE, PSYCHOLOGIES MAGAZINE, PUBLIC, ISA, CHOC
42% de : MARIE CLAIRE, MARIE FRANCE, COSMOPOLITAN, AVANTAGES, 100 IDEES,
25% de : PARISIEN, L’EQUIPE
17% de : LE MONDE
GROUPE MULTIMEDIA :
EUROPE1 ET 2
RFM, MCM, CANAL J, GULLI, MEZZO,(en tout 11 chaînes)
34% de CANALSAT
EDITIONS, VIRGIN, RELAY (dans les gares)
Liste incomplète
HERSANT Philippe Groupe Hersant Média LA PROVENCE, VAR MATIN, CORSE MATIN, NICE MATIN, MARSEILLE HEBDO, MARSEILLE PLUS (gratuit)
UNION DE REIMS, PARIS NORMANDIE
 LE HAVRE PRESSE, LE HAVRE LIBRE
France ANTILLES, France GUYANE,
DEPECHE DE TAHITI, JOURNAL de L’ILE DE LA REUNION,
LES NOUVELLES CALEDONIENNES
PARU VENDU (gratuit)
28% du groupe EST REPUBLICAIN

GROUPE MULTIMEDIA :
TELEVISIONS ET RADIOS LOCALES

A recruté pour son groupe sud : B Genzana (élu UMP),

G Philip (resp UMP),
C Milhaud pdg Caisse Epargne (actionnaire associé) élu UMP.
DASSAULT Serge Socpresse LE FIGARO, LE FIGARO MAGAZINE,
MADAME FIGARO, JOURNAL DES FINANCES, TV MAGAZINE
40% du JOURNAL DU DIMANCHE (JDD)
GROUPE INDUSTRIEL
Mais 33% de VALMONDE
( magazines et TV LYON METROPOLE)
PINAULT François Financière Pinault LE POINT, LA RECHERCHE, HISTORIA
 LE MAGAZINE LITTERAIRE, L’HISTOIRE
GROUPE DU LUXE ET DE LA DISTRIBUTION
PRINTEMPS , FNAC
LA REDOUTE, CONFORAMA, GUCCI,
CHRISTIE’S
STADE RENNAIS, THEATRE MARIGNY
ARNAULT Bernard LVMH
DI GROUP
LES ECHOS, INVESTIR
NB : a revendu LA TRIBUNE à Alain Weil
ex président de DI Group de LVMH
INDUSTRIE DU LUXE
Des dizaines de marques dont : VUITTON,DIOR,
KENZO, BERLUTI,
SEPHORA,CHAUMET
Médias : RADIO CLASSIQUE
BOLLORE Vincent Bolloré DIRECT SOIR, DIRECT MATIN PLUS TRANSPORT ET DISTRIBUTION D’ENERGIE
6ème groupe multimédia mondial : HAVAS, TELE DIRECT8, SFP,  INSTITUT CSA, STEAMPOWER(internet) , Licences WIMAX …
BOUYGUES Martin TF1 METRO (34%) TF1 est un GROUPE MULTIMEDIA :
TF1, LCI,EUROSPORT ODYSSEE, HISTOIRE  USHAÏA TV
10% DE CANALSAT/TPS
BOUYGUES TELECOM PRODUCTION TELE/CINEMA
33% DE AB GROUP
AMAURY Groupe Amaury LE PARISIEN/AUJOURD’HUI EN FRANCE, L’EQUIPE, FRANCE FOOTBALL, L’ECHO REPUBLICAIN GROUPE DE PRESSE
(25% à Lagardère)
TOUR DE France PARIS DAKAR
LA VIE-LEMONDE LMPA LE MONDE( 17% Lagardère,15%Prisa)
COURRIER INTERNATIONAL,
TELERAMA, LA VIE, CAHIERS DU CINEMA, LE MONDE DE L’EDUCATION
 LE MONDE DIPLOMATIQUE
52% DE LMPA appartiennent à des actionnaires internes ;
Jusqu’en 03/08 Alain MINC, proche de Balladur et de Sarkozy, conseiller financier de Bolloré, Lagardère etc..,présidait le conseil de surveillance du Monde.
PERDRIEL Claude Groupe Perdriel NOUVEL OBSERVATEUR, CHALLENGES, SCIENCE ET AVENIR C Perdriel possède l’entreprise SFA (sani broyeur)
SZAFRAN/KAHN Marianne Finance MARIANNE 40% : Marianne Finance
25% : yves de Chaisemartin (ex du Figaro)
24% : Guy Sitbon
ROTHSCHILD E Libération LIBERATION 38,7% :Rothschild
33,3% :Caracciolo(dcd)
10% :Pathé
8% : P Bergé, BHL,Rousselet, Seydoux
LES GRANDS GROUPES REGIONAUX
ASPDH
OUEST-FRANCE
Sipa OUEST-France, COURRIER de l’OUEST, PRESSE de la MANCHE, MAINE LIBRE, PRESSE OCEAN, VENDEE MATIN, l’ECLAIR, 37 HEBDOMADAIRES LOCAUX DANS 14 DEPARTEMENTS, 50% de 20 MINUTES,   SIPA EST DETENU PAR l’ASSOCIATION ASPDH PRESIDEE PAR j DUQUESNE.
TV7 NANTES
TV7 RENNES

FAMILLE LEMOINE Groupe Sud Ouest SUD OUEST, MIDI LIBRE, l’INDEPENDANT, CENTRE PRESSE, CHARENTE LIBRE, LA REPUBLIQUE des PYRENEES, ECLAIR des PYRENEES, LA DORDOGNE LIBRE TV7 BORDEAUX

Journaux d’annonces gratuites sur 28 départements, 45 magazines gratuits thématiques sur 43 départements.

FAMILLE BAYLET Groupe La Dépêche La DEPECHE DU MIDI, La NOUVELLE REPUBLIQUE des PYRENEES, Le PETIT BLEU, Le PETIT TOULOUSAIN, MIDI OLYMPIQUE,
33% de La GAZETTE DE NIMES, et La GAZETTE DE MONTPELLIER.
TELE TOULOUSE 22%
DEPECHE TELE
FAMILLE LIGNAC
GRPE HERSANT
Groupe Est Républicain
Ebra
EST REPUBLICAIN, DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE, La LIBERTE DE l’EST, JOURNAL de la HAUTE MARNE, CREDIT MUTUEL contrôle 49% de EBRA
Participations avec TELE LYON METROPOLE
LES GROUPES EUROPEENS
FAMILLE BERTELSMANN Sté Bertelsmann CAPITAL, GEO, NATIONAL GEOGRAPHIQUE, CA M’INTERESSE, TELE LOISIRS, VOICI, VSD, GALA, FEMME ACTUELLE, PRIMA, JASMIN, GUIDE CUISINE, 1er groupe média européen (allemand).
RTL GROUP (39 télés,33radios)
GROUPE M6
TELE RTL9, PARIS PREMIERE, TEVA, FUN TV,
EDITIONS RANDOM HOUSE
FAMILLES CLAEYS ET DE NOLF Roularta EXPRESS, EXPANSION, L’ENTREPRISE, VOTRE ARGENT, L’ETUDIANT, LIRE, STUDIO MAGAZINE, POINT DE VUE, MAISON FRANCAISE,  COTE SUD 1ER GROUPE DE MEDIAS BELGE
ROSSEL Voix du Nord Investissement LA VOIX DU NORD, NORD ECLAIR, COURRIER PICARD(45%)
20 Journaux dans le Nord et en Savoie
GROUPE BELGE
BERLUSCONI Fininvest
Mondadori
TELE STAR, TELE POCHE, AUTO PLUS, AUTO JOURNAL, TOP SANTE, BIBA, FHM, SCIENCES ET VIE, NOUS DEUX, MODES ET TRAVAUX, LE CHASSEUR FRANÇAIS,  35% de MEDIASET : TELEVISIONS, ENDEMOL








                                                                                                                                                
Motion C : Un web d’avance :
www.unmondedavance.eu

www.unmondedavance13.over-blog.com

motionc13@yahoo.fr

                                                                          


 






NON
au pacte Merkel-Sarkozy
Non à l'austérité salariale
Non à l'allongement de l'âge de la retraite
Non à l'interdiction des déficits dans la constitution

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SIGNEZ LA PÉTITION!

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Agenda

Élections cantonales: Premier tour
Dimanche 20 Mars

Élections cantonales: Second tour
Dimanche 27 Mars

Le projet: la "Convention des conventions"
Vote des militants: 19 Mai
Adoption définitive en convention nationale: 28 Mai 

Primaires
Dimanches 9 et 16 Octobre 

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